Les luttes LGBTQIA+

LGBTQIA+ pour Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexe, Asexuel·le/Aromantique et + pour toutes les identités de genre ou orientation sexuelles marginalisées. Tu trouveras ici un petit lexique si tu es perdu·e avec ces définitions.


En France, l'orientation sexuelle et l’identité de genre sont reconnues comme motifs pouvant donner lieu à des discriminations, respectivement depuis 2001 et 2017. C’est le fruit de décennies de luttes et de revendications des militant·e·s.

Dans de nombreux pays et même en France, les personnes LGBTQIA+ sont toujours victimes d’inégalités, de discriminations et de violences. Il reste encore des combats à gagner !


Au tournant du 20ème siècle,

en Europe, des intellectuel·le·s et chercheur·e·s (sexologues, philosophes, médecins…) se mobilisent contre la stigmatisation des homosexuel·l·es (et surtout des homosexuels, car à l’époque la sodomie est particulièrement stigmatisée). En 1919, le premier Institut de Sexologie est créé à Berlin par Magnus Hirschfeld : ce sera l’un des premiers lieux d’étude de la transidentité, et de revendication de l’éducation à la sexualité. 


Dans les années 1950/60,

aux Etats-Unis, les homosexuel·le·s sont considéré·es comme des criminel·les, et donc fortement réprimé·e·s. De fait, les personnes bi·e·s, lesbiennes, gays, et trans n’ont pas les mêmes droits que tout le monde : par exemple, la consommation d’alcool leur est interdite à l'époque dans la plupart des bars. Certains bars contournent la loi, et deviennent alors des lieux clés de la communauté LGBTQ+.



Les émeutes de Stonewall, en juin 1969. 


C’est le cas du Stonewall Inn, un bar à New-York, où des descentes de police surviennent régulièrement. Un soir de juin 1969, les client·e·s refusent de quitter le bar : de violentes émeutes éclatent et les affrontements avec les policiers se poursuivent les nuits suivantes.


Cet événement est historique car c’est la première fois qu’une telle révolte est menée par la communauté LGBTQ+. L’année suivante, en 1970, la première "Pride" a lieu. Depuis, on commémore chaque année au mois de juin les émeutes de Stonewall lors de la Marche des Fiertés.


"Stop attacks on gay and lesbians", durant les émeutes de Stonewall en juin 1969.


Les émeutes de Stonewall donnent ainsi naissance aux mouvements des droits civiques pour les personnes lesbiennes, gays, bi·e·s trans et queer aux Etats-Unis.


- A savoir -

Tu as surement déjà dû entendre parler des “Gay Pride”: en réalité, les “Pride” ou “Marche des fiertés” n’existent pas uniquement pour les hommes gays, mais permettent de célébrer toutes les identités sexuelles et de genres minoritaires. On se focalise souvent sur les hommes gays, alors que les personnes queers, trans et racisées ont été au cœur des premiers mouvements. En effet, l’une des principales activistes durant et après les émeutes de Stonewall, Marsha P. Johnson, est une femme noire, trans et travailleuse du sexe (tu trouveras d’ailleurs sur Netflix un documentaire qui porte sur elle : Marsha P. Johnson : Histoire d'une légende).



En France, en 1971, dans le sillage des mouvements étudiants de mai 1968 est créé le FHAR, le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, qui regroupe des gays et des lesbiennes. En effet, les lois instaurées par le Régime de Vichy qui punissent les pratiques homosexuelles ne sont supprimées qu’en 1982 : c'est à cette date que l’homosexualité est définitivement dépenalisée. Et il faudra attendre 2005 pour que la déportation des individus gays et lesbiennes soit reconnue.

Puis en 1990, l’OMS retire enfin l’homosexualité de la liste des maladies mentales inscrites au DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).



Dans les années 1980, c’est le début de la crise du SIDA,

qui s’accompagne d’une forte stigmatisation des personnes LGBTQ, et en particulier les gays. En 1987 à New-York, en réaction à l’inactivité des pouvoirs publics face aux malades du SIDA, est créée ACTUP, une association de lutte contre le SIDA.


Deux ans plus tard, en 1989, ACTUP-Paris voit le jour. Les militant·e·s d’ACTUP, en France comme aux Etats-Unis, réclament davantage de moyens pour lutter contre la transmission du virus (via l’éducation à la sexualité par exemple et la distribution de préservatifs) et font avancer la recherche en matière de traitements. Avec leur slogan “Silence = Mort”, ils et elles dénoncent le tabou autour du VIH et des mort·e·s du SIDA. 

En effet, les femmes, les travailleur·se·s du sexe, les détenus et les toxicomanes sont aussi durement touché·e·s par le virus, mais sont invisibilisé·e·s. En ne les prenant pas en compte, on les empêche de se protéger et d’avoir accès aux traitements.


ACTUP marque les esprits, et renouvelle les modes de protestations grâce à des actions provocantes et radicales : en 1993 par exemple, l’obélisque de la Concorde est recouverte d’une capote !

Si ça t’intéresse, on te conseille de voir le très beau film 120 Battements Par Minute, qui met en scène des militant·e·s d’ACTUP Paris dans les années 1990. 


En 1999, la loi sur le PACS (Pacte Civil de Solidarité) est votée : elle permet l’union civile aux couples homosexuels. C’est en quelque sorte un premier pas vers le mariage pour tous·tes. En 2001, les Pays-Bas deviennent le premier pays où le mariage homosexuel est autorisé. S’en suivront la Belgique en 2003, l’Espagne et le Canada en 2005, la Norvège et la Suède en 2009, et la France et les Etats-Unis en 2013 et 2015. En France, cette loi a permis aussi à ces couples d’adopter.



Et aujourd’hui, on en est où ? 


Le combat est loin d’être terminé, les discriminations restent fortes malgré les avancées sociales de ces dernières décennies. Aujourd’hui encore, les droits des minorités sexuelles et de genres sont bafoués. 

Pour rappel, aujourd’hui en France 
- 1 agression LGBTphobes a lieu tous les 3 jours
- 85% des personnes transgenres se feront agresser au cours de leurs vie
- ¼ des victimes de LGBTphobie ont moins de 25 ans

Il existe encore 11 pays où l’homosexualité est passible de peine de mort, et de nombreux autres où la sécurité des personnes trans, gays et lesbiennes est critique : d’où l’importance de continuer à militer pour leurs droits, relayer leurs voix et soutenir leurs combats, en France comme en Amérique du Sud ou en Europe de l’Est, et partout ailleurs. 

continuons de militer !

En octobre 2020, la Manif Pour Tous (les anti-mariage pour tous·tes) défilait encore dans les rues contre l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules (déjà autorisée aux couples hétérosexuels).
La loi bioéthique qui est en train d’être votée en 2020 est certes une grande avancée pour l’égalité, mais elle reste insuffisante : la PMA reste interdite pour les personnes trans. Il était également attendu que cette loi mette fin aux mutilations des personnes intersexes, en vain. 

De la même manière, la loi de 2016 qui autorise le changement d’état civil des personnes trans sans avoir recours nécessairement à un parcours médical (traitement hormonal ou intervention chirurgicale) est importante mais reste insatisfaisante. En effet, des documents médicaux peuvent être encore demandés lors de ces procédures et les personnes trans doivent encore passer devant un Tribunal de Grande Instance pour “prouver” leur identité. De plus, elles font encore face à un corps médical souvent transphobe, car très peu formé sur les questions de transidentité.


C’est pourquoi certain·e·s militent pour la construction et la préservation de la mémoire queer : afin de rendre visible l’histoire des luttes et des mouvements LGBTQ. En 2006, un centre de ressources sur la mémoire gay et lesbienne a été ouvert par la mairie de Lyon. 


Tu peux aussi suivre Le Coin des LGBT+ sur Instagram sur lequel tu trouveras plein d’infos sur l’actualité des luttes LGBTQIA+. 


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